Ma première automobile c'était une 4CV (prononcer katcheuvo). Nous étions à peu près du même âge. Elle était de 1955 et moi de 54. Je l'avais achetée 1 franc. Je devrais dire plutôt qu'on me l'avait donnée pour le franc symbolique. Ce "on" c'était André, un chic type. Son père à André, une balle allemande le lui avait arraché, en juin 40. Il n'avait pas cinq ans.
En 75, je travaillais à Bordeaux. Je lavais des carreaux, je faisais du nettoyage industriel après chantier. J'écoutais Brassens sur des 33 d'occasion que j'achetais cours Victor Hugo. Pas de sous, pas de bagnole évidement !
Jusqu'à ce que cet André me vendedonne cette vieille 4CV (merci André). Vert d'eau. Trois vitesses seulement sur cet ancien modèle. En réalité, il n'en restait que deux. Le pignon de première avait perdu toutes ces dents : il fallait démarrer en seconde et rouler en troisième... Presque une automatique.
Je m'en foutais bien. Ça roulait et ça allait où je voulais !
Voiture à propulsion (le moteur était à l'arrière), elle manquait de poids sur l'avant et la direction en était un peu délicate. Pour compenser, j'avais mis un sac de sable à l'avant, à l'emplacement de la roue de secours. Du coup, la roue de secours occupait tout le volume du coffre, ce qui ne me gênait pas outre mesure, n'ayant pas grand chose à y mettre.
Le pot d'échappement était percé. Or, c'était l'époque où les Amerloques refusaient à Concorde d'atterrir à New-York sous prétexte qu'il était trop bruyant. Du coup, le frère de ma copine de l'époque, ce salop, avait surnommé ma voiture "Concorde".
Cette copine était à l'école d'infirmières de Bordeaux, où je l'avais rencontrée. Elle sortait d'une famille d'agriculteurs cathos, installée dans la vallée de l'Andouille (je déconne pas), depuis au moins le Néolithique. Ils savaient pertinemment que je tringlais leur fille (majeure) et que j'habitais avec elle à Bordeaux. D'ailleurs, depuis que je vivais avec elle, ils avaient arrêté de lui envoyer la tune... Quoi qu'il en soit, quand je passais la nuit chez eux, la fille dormait dans sa chambre, à côté de celle des parents, et moi dans une remise, avec le congélateur. Donc, les parties de jambes à l'air avaient lieu à l'extérieur, quand il faisait beau, et à l'intérieur de "Concorde" quand il pleuvait.
Un soir, rentrant de danser(!), on commence les effusions dans l'automobile, carrément dans la cour de la ferme, devant l'entrée. J'étais dessous, regardant vers l'avant de la voiture ; la copine était dessus, sans dessous, regardant vers l'arrière, c'est à dire vers la porte de la ferme. Dans cette position inconfortable, elle se cale un pied sur la pédale du frein. Mystère du réseau électrique de cette automobile, la pression sur la pédale de frein entraîna, contact coupé, l'allumage des feux rouges arrières. Cri de la copine qui crut que c'était son père qui sortait avec une lampe !
Et fin des effusions pour ce coup-là.
Jusqu'à ce que cet André me vendedonne cette vieille 4CV (merci André). Vert d'eau. Trois vitesses seulement sur cet ancien modèle. En réalité, il n'en restait que deux. Le pignon de première avait perdu toutes ces dents : il fallait démarrer en seconde et rouler en troisième... Presque une automatique.
Je m'en foutais bien. Ça roulait et ça allait où je voulais !
Voiture à propulsion (le moteur était à l'arrière), elle manquait de poids sur l'avant et la direction en était un peu délicate. Pour compenser, j'avais mis un sac de sable à l'avant, à l'emplacement de la roue de secours. Du coup, la roue de secours occupait tout le volume du coffre, ce qui ne me gênait pas outre mesure, n'ayant pas grand chose à y mettre.
Le pot d'échappement était percé. Or, c'était l'époque où les Amerloques refusaient à Concorde d'atterrir à New-York sous prétexte qu'il était trop bruyant. Du coup, le frère de ma copine de l'époque, ce salop, avait surnommé ma voiture "Concorde".
Cette copine était à l'école d'infirmières de Bordeaux, où je l'avais rencontrée. Elle sortait d'une famille d'agriculteurs cathos, installée dans la vallée de l'Andouille (je déconne pas), depuis au moins le Néolithique. Ils savaient pertinemment que je tringlais leur fille (majeure) et que j'habitais avec elle à Bordeaux. D'ailleurs, depuis que je vivais avec elle, ils avaient arrêté de lui envoyer la tune... Quoi qu'il en soit, quand je passais la nuit chez eux, la fille dormait dans sa chambre, à côté de celle des parents, et moi dans une remise, avec le congélateur. Donc, les parties de jambes à l'air avaient lieu à l'extérieur, quand il faisait beau, et à l'intérieur de "Concorde" quand il pleuvait.
Un soir, rentrant de danser(!), on commence les effusions dans l'automobile, carrément dans la cour de la ferme, devant l'entrée. J'étais dessous, regardant vers l'avant de la voiture ; la copine était dessus, sans dessous, regardant vers l'arrière, c'est à dire vers la porte de la ferme. Dans cette position inconfortable, elle se cale un pied sur la pédale du frein. Mystère du réseau électrique de cette automobile, la pression sur la pédale de frein entraîna, contact coupé, l'allumage des feux rouges arrières. Cri de la copine qui crut que c'était son père qui sortait avec une lampe !
Et fin des effusions pour ce coup-là.

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