vendredi 24 janvier 2014

Cydonia oblonga Mill.

Les jeeps descendent la pente entre les schistes, levant d'épais nuages de poussière. Les couleurs de l'automne ont enflammé les vignes, et les limites de la quinta d'Ervamoira sont maintenant bien visibles. Le domaine, mélange harmonieux d'architectures traditionnelle et moderne, est blotti dans l'arrondi de ses vignes, sur une petite éminence.
Les étrangers que nous sommes sont descendus des voitures pour s'en mettre plein la vue. Sur un cognassier proche, Guy, bucolique, cueille un coing qu'il fait disparaître dans la poche de sa veste.

Nous remontons en voiture. Je lui propose un sachet plastique et l'asile de mon sac à dos pour mettre en sécurité son menu larcin. Dont je crois deviner la destinataire. Des échanges coings confiture ont déjà eu lieu par le passé.

Toujours sous la conduite de l'Architecte, visite du musée. Restes romains trouvés sur le vignoble. Évolution de la bouteille de la marque Ramos Pinto. Prix aux expositions universelles.
Rapide la visite.
La dégustation qui suit est plus approfondie.

Le repas, de travail, a lieu sous une immense toiture, métal et bois sur des murs de schiste, ouverte des deux cotés sur les vignes. Des bergers qui pratiquent encore l'essartage ont échappé le feu suscitant les commentaires de la petite troupe tout occupée à bâfrer.

Les jeeps. La poussière sur ces chemins de pierre et d'argile.
Penascosa (se prononce presque Pénachcoche). Le site est magnifique, dans les sables de la rive du Côa. Des affleurements de schistes pointent jusqu'au sommet de la colline. Des gravures paléolithiques sur chacun.

Jeudi matin, conférence de presse. Télévision. Repas rapide puis départ de Guy avec les politiques de la délégation. Départ rapide. Le coing est resté dans mon sac.

Après-midi, visite d'autres gravures, suivie d'une réunion de travail entre archéologues. Beaux yeux, cette Claire. Verts.

Dernière visite au siège du parc. Dernières acquisitions du précieux breuvage local.

A nouveau la Jeep. Jusqu'à Porto. Enregistrement des bagages. Lourds. Pleins de flacons. Lourds. Les sangles déjà à moitié arrachées à l'aller par les bagagistes.

Attente.
Embarquement. Le même petit zinc à hélice qu'à l'aller. Régional Air Lines. Petit coup d'aile au-dessus de l'Atlantique. Petit coup d'œil d'en haut sur les caves de Vila Nova de Gaia. A toucher Porto mais où le terrain est moins cher.
Nuages. Turbulences. Les gens se regardent de part et d'autre de l'allée. Silences.

Altitude de croisière. L'avion est maintenant plus stable.
L'hôtesse, sorte de géante batave, débite son baratin sur les gilets de sauvetage et les tuyaux de l'oxygène. L'interphone. Elle décroche. Son visage change. Elle reprend le micro. "Nous avons un problème technique. Nous retournons nous poser à Porto."

Ceintures. Virage. Le soleil change de coté. Descente. Nuages. A nouveau les turbulences. Regards de part et d'autre de l'allée. Silences.

Revoilà l'Atlantique. La piste de l'aéroport. L'avion roule et vient s'immobiliser devant les hangars techniques. Dans le sac, ma main rencontre le coing dans son plastique. Il ne paraît pas avoir souffert des turbulences.
Palabres avec les techniciens. Finalement, tout le monde descend. L'appareil n'est pas en état de décoller. On récupère les bagages. Lourds. Glougloutants.

Autobus. Le hall de l'aéroport. Guichet de la compagnie. Négociations. Coups de gueule d'inévitables grincheux sur la pauvre fille qui n'y est pour rien derrière son guichet. Un avion sur Air Portugal ce soir pour Orly. Remplacement des billets. Enregistrement. Attente.
Nouveau départ dans un Airbus tout neuf. Ça change. Au menu, morue à la tomate et à l'oignon. Succulente. Bien aillée. Portugaise.

Arrivée Orly. Vingt-trois heures. Récupération des bagages. Chariot. Au bout d'un couloir, bureau des déroutés. Là, dans un désordre de bagages égarés, on s'occupe d'acheminer dès ce soir ceux qui peuvent encore l'être. Pour Bordeaux, un vol Air France. Demain matin. "Pour ce soir, je vous fais un billet de logement. J'en fais qu'un. Vous êtes combien ? Je le confie à qui ? Il vous donne droit à une chambre avec petit-déjeuner à l'Holiday Inn. Navette tous les quarts d'heure, porte J. " Tous ces braves représentants de commerce aéroportés se regardent. Sourient. Gloussent. "Pas moi." "Pas moi." Personne ne semble intéressé par cette petite responsabilité. Bon très bien, je le prends moi son billet de logement.

Chariot. Couloir. Porte J. Navette. Hôtel Holiday Inn. Vaste usine où toutes les nationalités se croisent. Présentation du billet collectif. Une petite blonde s'occupe de nous, son collègue d'un autre groupe. Système électronique de réservation des chambres. Magnétisation des clés format carte bancaire. Distribution. Dernières recommandations pour demain : départ sept heures devant l'hôtel par la navette.

Sac à dos, rouleau d'affiches, sac de voyage. Lourd. Ascenseur. Sixième étage. Chambre 610.

Glisse la carte dans la fente. Ouvre la porte.
Bizarre, de la lumière dans la chambre et la salle de bain à gauche est entrouverte. Je reprends mes sacs, lourds, les pousse du pied dans la chambre. Une jeune femme, petite tenue, brosse à dent, sort de la salle de bain. Dentifrice. Revers de la main sur la bouche. Questions. Chambre 610. Ben moi aussi. Erreur de la réception sans doute.
Excusez-moi Madame.

Récupère les sacs, ferme la porte.

Ascenseur.
Descente, entre trois gros types en chemises blanches et cravates noires. Idiome inconnu. Accent Europe centrale.

La réception. C'est bien une erreur. Son collègue et elle ont donné la même chambre. Excuses. C'est la faute à l'électronique. Air connu.
Remagnétisation de la carte. Chambre 613.

Sacs. Ascenseur. Chambre 613. Juste en face de la 610.

Fatigue. Douche. Lit. Cherche un livre dans le sac à dos. Tombe sur le coing.
Tiens, je l'avais oublié celui-là...

1 commentaire:

Pierre Spierckel a dit…

Bon, alors, ce coing, qu'est-il devenu ?
Et… la voisine de la chambre 610 ?
Pierre