dimanche 23 décembre 2012

La grotte Richard


La grotte Richard, ou plutôt grotte des Eyzies nom sous lequel elle fût d'abord connue, s'ouvre au milieu des chênes verts dans l'escarpement calcaire qui domine d'une trentaine de mètres le centre d'accueil du Pôle international de la préhistoire, aux Eyzies. 

C'est en 1862, à Paris, que commence l'histoire moderne de cette cavité. Edouard Lartet, toujours à la recherche de fossiles, fréquente la boutique du marchand d'antiquités Charvet. Celui-ci vient de recevoir un bloc dans lequel les os et les silex taillés sont cimentés par une brèche de calcite. Les os sont des os de renne ; le bloc provient d'une petite grotte du hameau des Eyzies sur la commune de Tayac, département de la Dordogne. 







Cette association entre des silex taillés et les ossements d'une espèce disparue de nos latitudes est précisément ce que recherche Lartet et, moins d'un an plus tard, en août 1863, il descend du train en gare de Tayac en compagnie de son ami Henry Christy.

Les fouilles que ces deux chercheurs - Lartet s'occupe de la faune et Christy de l'industrie - conduisent jusqu'en 1864 sur la grotte Richard mais aussi à Gorge d'Enfer, à Laugerie-Basse, à Laugerie-Haute, à La Madeleine et au Moustier vont poser les bases scientifiques de l'archéologie préhistorique et faire connaître au monde entier la petite région des Eyzies.

150 ans plus tard, le calme est revenu sur la grotte Richard, maintenant vidée de son contenu archéologique, et seuls les choucas franchissent son porche en criant vers la Beune.  Un accès difficile, une entrée discrète parmi les traces des occupations historiques en font un endroit confidentiel dont seuls quelques érudits partagent encore le charme.


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